Entrevue avec Gilles Lafleur, le fondateur du Bon Pilote

  • Catégorie: Entrevue
  • Mercredi 30 novembre 2015

Gilles Lafleur est le fondateur de l’organisme Le Bon Pilote qui célèbre bientôt ses 40 ans. Il nous explique d’où lui est venue l’idée de départ pour fonder l’organisme et ses premières missions ainsi que la raison fondamentale pourquoi la Fondation a été créée.

« Au début, l’idée m’est venue d’aider les personnes aveugles ou semi-voyantes dans leur quotidien. Il n’est pas toujours évident de vivre à chaque jour dans le noir, de se déplacer et d’effectuer ses activités quotidiennes quand on ne voit rien ou, du moins, très peu. Au début, nous ramassions des dons pour pouvoir acheter des réfrigérateurs, les entreposer et les distribuer aux gens dans le besoin. Nous offrions également un service de guide pour les déplacements, de couture, d’aide au logement et d’entretien ménager. À la base, nous disposions d’un véhicule du type « station-wagon » et, au bout d’un certain temps, nous en avions une dizaine pour assurer nos déplacements et pour nous aider à recueillir les réfrigérateurs et les fournitures qui nous aidaient à organiser des bazars pour ramasser des fonds. C’est sans compter tous les bingos, toutes les levées de fonds et toutes les conférences que nous avons mises sur pied. »

« Par la suite, la Fondation est née. Nous avons créé celle-ci suite à un leg testamentaire d’un de nos membres d’un montant plus que respectable dont les intérêts à eux seuls nous ont permis de faire fructifier la Fondation. À partir de ce moment, mon rêve d’aider et d’accompagner plus de gens devenait réalité. Les premières années, et cela pendant longtemps, je m’octroyais un salaire avoisinant les 16 000$ par année et quand il n’y avait pas assez d’argent de disponible, c’était le chômage. Avec le peu de moyens dont nous disposions, nous tentions d’offrir un réconfort moral, d’adapter les maisons aux réalités des personnes non-voyantes, d’offrir des paniers de Noël et il était même question de développer une écoute de nuit. Entre 150 et 200 clients étaient membres du Bon Pilote et les ressources étaient plutôt limitées pour leur venir en aide. Un endroit était disponible pour eux où on retrouvait une salle de couture, un bureau, un ordinateur ainsi qu’une salle à manger. »

Aujourd'hui, l'organisme se concentre sur une offre de services qui permet à ses membres de sortir de chez eux en toute tranquillité. Ayant maintenant plus de 500 membres, Le Bon Pilote se distingue par son accompagnement personnalisé et sécuritaire. Chaque pilote a reçu une formation qui lui permet d'offrir une aide adaptée.

« Le projet du Bon Pilote, dont le nom s’inspire de la France où le mot « piloter » signifie « accompagner », est parti d’une initiative locale à quelque chose de plus gros. Nous nous sommes incorporés en 1979 et nous pouvons offrir des reçus d’impôt depuis cette date. L’Office de personnes handicapées a même officiellement reconnu que nous étions uniques dans notre genre dans la région métropolitaine, ce qui prouve hors de tout doute que nous comblons un besoin évident. Même si je ne suis plus impliqué à l’interne et que d’autres ont pris le relais, j’utilise encore les services du Bon Pilote pour assurer certains déplacements, étant moi-même aux prises avec des problèmes de rétinite pigmentaire. Malgré la montée fulgurante des déplacements depuis 2011 et le nombre de membres qui a plus que triplé, la réalité est que plusieurs gens ne peuvent pas encore profiter du service et que même les membres doivent parfois limiter leurs déplacements. L’aide humanitaire et financière sont requises et souhaitables pour aider davantage les gens qui en ont réellement besoin. »

Pour continuer à faire grandir l'organisme et la fondation, de tous nouveaux projets seront lancés au courant 2016.

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